Christian:J'ai rencontré Mylène lors d'un voyage au Cameroun en août 2000, ce voyage avait pour but de retrouver des amis coopérants qui travaillaient à Yaoundé dans l'enseignement.
Initialement prévu pour durer 3 semaines (période de vacances d'été) j'ai, durant se voyage fait la connaissance de Mylène 6 jours avant mon départ, lors d'une démonstration de danse africaine dans un centre culturel camerounais du nom (African Logik) à Yaoundé.
Ce jour là, mes amis me proposèrent d'aller goûter de merveilleuses brochettes, nous sommes donc partit à African Logik, nous étions attablés sirotant un "UCB Pamplemousse", ce centre culturel avait la particularité d'avoir un petit restaurant en plein air dans la partie arrière des bâtiments, une jolie cour entourée de quelques bananiers, au fond de laquelle régnait une scène, pour les manifestations culturelles locale ou autres spectacles.
Ce jour là, une troupe de danseurs dont Mylène faisait partit, organisait une démonstration de danses traditionnelles camerounaises pour les clients du restaurant.
Je suis resté les yeux figés devant le déhanchement des danseuses, moi qui arrivais de France, je découvrais plein de nouvelles choses, ces danses m'émerveillaient.
Puis la serveuse du restaurant vient nous apporter nos plats, brochettes et plantains frits, avec le petit piment, soudain, en plaisantant je dis à mes amis et à la vendeuse que moi aussi je sais danser, que je peux en faire autant.
Elle se mit à rire, et ce que je n'aurais jamais pensé un instant arriva, elle est allé rapporter mes propos, au responsable de la troupe, j'ai été invité sur la scène pour mettre mes talents de danseur à exécution. Etant mauvais danseur, j'avais trop parlé, j'ai voulu faire le malin j'ai été pris au piège, j'ai essayé toutes sortes de stratagèmes pour me défiler, mais en vain, c'est la ou j'ai compris que les camerounais étaient tenaces et qu'ils ne lâchaient pas vite l'affaire, le gars été un convaincu, il commençait à sortir toutes sortes de plaisanteries à mon égard.
Mes amis se mirent de la partie et me disaient allez! Vas-y te dégonfle pas! On est là pour s'amuser! J'y suis allé timidement, on a mit à côté d'une charmante demoiselle "Mylène" j'ai du la suivre sur une danse appelé le "Mangambeu" dont l'origine de celle-ci est l'Ouest camerounais.
Vous aurez compris que j'ai rien pigé à cette danse que je ne connaissais pas du tout, heureusement que le ridicule ne tue pas sinon ma vie s'arrêtait là sur le champ devant un parterre de camerounais qui se moquaient bien de moi, il faut savoir que les camerounais sont en général très moqueurs.
A la fin de la démonstration, j'ai invité ma partenaire d'un instant à boire un verre, nous avons échangés sur ces danses, elle m'a fait une petite synthèse de tout ça bien gentiment. En causant, nos regards ne cessaient de se croiser, mais nous nous sommes quittés là, comme ça, elle devait partir pour rejoindre ses camarades. J'étais loin d'imaginer que mon destin venait d'être tracé, quelle deviendrait ma partenaire à vie.
Malin que je suis, j'ai intercepté le responsable de la troupe et lui demanda ou je peut revoir danser cette fille, il me dit en souriant elle fait aussi du théâtre avec des amis c'est le troupe du "MUGRA' en ce moment ils répètent non loin de l'hôpital central, il me donne le lieu précis, j'y suis allé plusieurs fois pas de Mylène, et un beau jour, je la vois je prends mon courage a deux mains je vais assister aux répétitions, j'ai compris que quelque chose se passait, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait j'avais toujours envie de la voir.
Mylène un peu réticente, se méfiait, ne me connaissant pas, elle pensait que j'étais peut être un aventurier, les expatriés qui se comportent en colons sont choses assez courante au Cameroun.
La fin des vacances arrivant, j'ai du retourner en France sans Mylène, le noeud au ventre, je lui dis si tu veux on garde le contact, je reviendrai pour les fêtes de fin d'année.
Dès mon retour, j'ai repris le travail, mais en moi restaient les bons moments passés au Cameroun avec mes amis, mais aussi l'amertume d'avoir laissé une fille la bas sans la connaître davantage, je revoyais les images de sa jovialité, son sourire, sa spontanéité, il me manquait quelque chose, ma vie semblait devenu vide (j'étais devenu amoureux) de cette fille connue quelques jours auparavant.
Moins de 2 semaines après mon retour, lors d'une conversation téléphonique avec Mylène, je lui pose la question suivante:
"Dis moi, si j'arrive au Cameroun dans quelques jours, qu'en penserai tu et comment réagirai tu?"
Elle me rétorque: "Mon ami, sache que cela me ferai plaisir bien sur, mais pourquoi vient tu, quelles sont tes ambitions? Si tu viens juste pour faire la fête est passé du bon temps reste ou tu es on peut être amis par correspondance on envisagera plus tard."
Mon objectif était de la faire venir en France pour quelques semaines de vacances afin de voir si elle pourrait s'y habituer et pourquoi ne pas vivre avec moi ensuite....Si elle le désirait.
Le temps de faire mon visa et de préparer mon départ, j'étais au Cameroun une semaine plus tard.
J'ai été très bien accueilli par sa famille, sauf son grand frère du même âge que moi (policier de métier) qui a exigé une conversation en tête à tête avec moi, me mettant gentiment en garde de respecter sa soeur!
Une demande de visa refusé:
Quelques jours après mon arrivée au Cameroun, j'explique à sa famille que j'ai envie de la faire venir en France pour 1 mois de vacances, que je prends tout en charge et obtient l'accord (du grand frère).
Nous avons déposés un dossier de demande de visa complet au Consulat de France à Yaoundé, étant novice tout les deux, nous pensions qu'il s'agissait d'une simple formalité.
Erreur! Visa refusé sans explication, outré, je demande RDV avec le Consul, après moult relances, je suis reçu par la Vice Consul, qui me lance d'un air à faire pâlir un noir, "Monsieur, nous n'avons pas obligation de motiver notre refus, cela ne regarde que l'administration française! SIC!"
Puis, son attitude à mon égard me donnait l'impression que j'envahissais son bureau, je devenais gênant, elle ne répondait plus à mes interrogations je fus raccompagné à la porte de son bureau moins de dix minutes après y être entré.
La pilule fût un peu amère à digérer sur le coup, mon sang se glaça, je restais abasourdi devant cette décision que je n'arrivais pas à comprendre, un soupçon de courtoisie, un petit rien de précision de la part de mon interlocutrice m'aurait, certainement aidé à admettre la "sentence" mais ce ne fût pas le cas.
Un sentiment de frustration m'envahissait, qui me laissait apparaître que je n'étais plus un citoyen français bien que j'étais au Consulat de France au Cameroun.
Le choix de vivre durant plusieurs mois au Cameroun:
Loin de me décourager, l’attitude du consulat m’amène à prendre une décision lourde de sens : Rester au Cameroun, je n’imagine même plus regagner la France sans celle que j'aime, mais, je veux aussi en profiter pour mieux découvrir la famille de Mylène, son pays, sa culture, et également laisser le choix à sa famille d’en savoir plus sur moi. J'envoie un fax à mon employeur lui notifiant ma démission, dans le même temps, je faisais rapatrier de l’argent au Cameroun.
Ma famille et mes amis m'ont taxés de "FOU" chacun pense ce qu'il veut ce sont leurs problèmes! Ma décision était irréversible rien ni personne n'aurait pu me faire changer d'avis.
C'est dans ce genre de situation que l'on s'aperçoit que l'homme n'est rien et qu'il est plus facile de faire traverser les frontières à l'argent qu'aux humains.
J'ai ouvert un compte à la CCEI Bank à Yaoundé, j'ai contacté mon banquier en lui demandant de faire un virement de plusieurs dizaines de milliers de francs sur le compte que je venais d'ouvrir, il m'a simplement demandé un fax de confirmation d'un virement de compte à compte avec bien sur ma signature et mes coordonnées bancaires au Cameroun et hop l'ordre est ainsi donné à la banque, trois semaines plus tard mon compte bancaire camerounais était provisionné.
Pour ce transfert d'argent de banque à banque, aucune contrainte, aucun document spécifique ne m'a été demandé, hormis une simple autorisation signée de ma main envoyée par fax.
C'est à ce demandé dans quel monde nous vivons!
Ma rencontre avec le peuple camerounais:
Durant ces douze mois passés au Cameroun, j’ai rencontré pleins de gens souriants et accueillants, je me suis adapté à ce pays de façon inimaginable, j’allais partout, même seul dans les quartiers dit populaires et sensibles, Mylène était souvent fâchée sur moi à cause de cela, elle me disait que j’étais inconscient, mais comme je suis passe partout, je m’adapte très vite, les Camerounais m’apprécièrent beaucoup, je suis quelqu’un de simple et d’authentique, ouvert d’esprit, très communicatif.
J’avais et j'ai toujours un mot gentil pour tout le monde, bien sur, j’ai parfois étais surpris au début sur certaines coutumes, ou sur la façon de manger et de craquer les os avec les dents, et de manger la tête des poissons ce que nous ne faisons pas en Europe, en dehors de cela rien à dire, j'aime et j'apprécie ce pays qui m'a fait découvrir une autre façon de vivre c'est également là que j'ai compris qu'en Europe nous gaspillons beaucoup, j’ai également beaucoup voyagé dans ce pays, il est désormais ma deuxième patrie.
Si vous désirez visiter le Cameroun virtuellement, suivez ce lien:
Visite du Cameroun
La naissance de Cédric:
Les mois passèrent, nous avons vécus des moments forts, nous avons beaucoup voyagés au Cameroun, le calme du pays, le climat, la jovialité des gens, l'éternelle bonne humeur de la famille de Mylène, tout ces paramètres on fait que nous vivions dans une relative insouciance, des moments magiques gravés à jamais dans nos mémoires, mais "forcément" nous avons fait des bêtises (rires). Mylène est tombée enceinte, nous commencions alors à parler mariage, Cédric est né au Cameroun le 20 mai 2001, jour de la fête nationale.
Un échec suffit:
Dès la naissance de Cédric, nous souhaitions engager la procédure de mariage, mais comment faire, comment cela se passe t'il et par ou commencer surtout? Nous envisagions le pire! Nous ne savions rien? Le stress nous envahissait, la peur d'être séparé ne nous quittait plus.
Alors j'ai contacté mon avocat en France en lui demandant comment se passe un mariage avec une personne de nationalité étrangère, je lui ais détaillé la situation et le fait qu'un visa lui a été refusé précédemment à Mylène. Il m'a donné les informations nécessaires quelques jours plus tard via mon email, nous avons montés un dossier en béton afin de ne pas essuyer un deuxième échec et clouer de fait le bec de mes frères blancs du Consulat.
Notre mariage eu lieu le 1er septembre 2001 soit douze mois après ma deuxième arrivée au Cameroun, dossier de demande de transcription déposé le 3 septembre 2001, mariage transcrit le 17 septembre de la même année, visa conjoint de français pour Mylène obtenue le 18 septembre 2001, Cédric est citoyen français de par ma filiation il voyage sur mon passeport que le Consulat a refait gratuitement à cette occasion.
Vitesse maximale pour un dossier à l'époque, les démarches étaient sensiblement identiques à celles que connaissent les couples actuels, mais la politique de "l'immigration choisie" n'était pas encore d'actualité, forcément çà simplifiait beaucoup les choses, la volonté de freiner les dossiers était absente si ceux-ci étaient complets.
Je me dois de dire que lorsque nous avons déposés notre dossier au Consulat, nous avons été très bien reçus par Monsieur
B.C, personnage qui avait pourtant une mauvaise réputation à l'époque.
Et pourtant:
De nombreux couples mixtes n'avaient pas notre chance, beaucoup devaient se séparer après le mariage, beaucoup de documents manquaient pour établir la transcription, d'autres ne pouvant même pas se marier, dossiers non constitués, ou incomplets, certain pensaient même qu'il suffisait de prendre un aller-retour en avion et se marier le temps du séjour et qu'ils pourraient revenir avec leurs femmes, (faut pas rêver non plus) la cause: Aucune information de l'administration française en place pour guider les couples.
Une situation qui n'a guère changée avec le temps, elle s'est même considérablement aggravée depuis 2003.
De sempiternelles suspicions émanant du Consulat sur les mariages mixtes, qui laissent penser que contracter mariage avec une personne de nationalité étrangère serait synonyme de délit.
Ces situations au Consulat un choc pour nous, de même que l'hypocrisie des gens de mon entourage:
Mylène et moi-même avons encore en tête ce couple dont le monsieur était de la région aquitaine, ou encore cet autre couple qui pleurait devant le Consulat, le ciel leur tombant sur la tête, le choc de la séparation refaire les démarches pour certain, que de temps et d'argent perdu inutilement! J'avais expliqué à un Monsieur à côté de nous dans la très célèbre file d'attente avant d'entrer au Consulat qu'il fallait tel et tel document, convaincu d'avoir raison il souriait sur mes propos, il ressortit du Consulat la mine déconfite!
Hélas, ces deux couples que nous avions rencontrés n'étaient pas les seuls, ils étaient légions dans le même cas et comme aujourd'hui chacun reste résigné, aucun couple n'ose dire quoi que ce soit par peur de voir son dossier malmené par le Consulat.
De cette peur les consulats tirent leurs forces